Jeudi 10 mars 2016 – Situation pénible des guinéens vivant en Angola : un parti politique écrit à l’Ambassadeur de l’Angola en Guinée.

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Suite aux nombreuses difficultés rencontrées par nos confrères guinéens séjournant en Angola, le parti politique, Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), a rencontré ce mercredi, l’Ambassadeur de l’Angola en Guinée, son Excellence Eduardo Ruas Manuel. Dirigé par son président, Honorable Mouctar Diallo, le parti attend de l’Angola, le respect de certains principes dont entre autres, l’assurance de la sécurité des guinéens et de leurs biens sur l’ensemble du territoire angolais  et la libération de tous les détenus guinéens du fameux Camp de Trinita.

Nous vous proposons l’intégralité de la lettre du parti politique (NFD) adressée à Eduardo Ruas Manuel.

 

            LETTRE OUVERTE A L’AMBASSADEUR DE L’ANGOLA EN GUINEE

Excellence Monsieur l’Ambassadeur de l’Angola en Guinée, le parti politique Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) commence par remercier les autorités et le Peuple angolais pour avoir reçu un grand nombre de Guinéens sur votre territoire.

Par ailleurs, NFD frustré et soucieux de la difficile situation des guinéens vivant dans votre pays, interpelle l’Etat Angolais à travers cette lettre.

En effet, quotidiennement, des guinéens innocents sont atrocement tués à leurs lieux de travail ou dans leurs domiciles privés par des inconnus et aucune enquête n’est menée pour arrêter les criminels et mettre fin à ces assassinats orientés. Ces centaines d’homicides volontaires se passent sous l’œil permissif du Gouvernement angolais qui ignore l’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme selon lequel : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».

En outre, depuis plusieurs années, les forces de sécurité  angolaises procèdent à des arrestations et détentions arbitraires et illégales qui conduisent à des traitements cruels, dégradants et inhumains sur des milliers de ressortissants guinéens. Or, l’article 4 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples commande : « La personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et à l’intégrité physique et morale de sa personne : Nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit ».   

Sous prétexte de lutte contre l’immigration clandestine, des ressortissants guinéens y compris des femmes en état de grossesse et des mineurs sont arrêtés comme des criminels dans les rues, dans leurs domiciles ou sur leurs lieux de travail et transportés dans des prisons qui ne respectent aucune norme conventionnelle en la matière, où ils sont soumis à des actes cruels, inhumains  et dégradants qui font perdre à beaucoup d’entre eux la vie, les biens et la santé. D’autres sont violemment battus avant d’être rapatriés, quelques fois vers des pays dont ils ne sont pas originaires. Cette pratique est une violation flagrante de l’article 12, aliéna 5 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui indique clairement que : « L’expulsion collective d’étrangers est interdite. L’expulsion collective est celle qui vise globalement des groupes nationaux, raciaux, ethniques ou religieux ».

Le parti NFD condamne avec la dernière énergie ces graves violations des droits humains dont sont victimes les guinéens en Angola. Et nous ne pouvons plus accepter que nos compatriotes soient traités de cette façon.

Nous rappelons que l’Angola a effectivement ratifié la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples et des Pactes internationaux relatifs aux droits civils, politiques, économiques et culturels.

NFD demande aux autorités angolaises :

– d’ouvrir des enquêtes sur les assassinats et autres graves violations des droits humains, et d’engager des poursuites à l’encontre de leurs auteurs ;

– de mettre immédiatement un terme aux pratiques d’arrestation et de détention arbitraires perpétrées par les forces de sécurité ;

– d’assurer la sécurité des guinéens et de leurs biens sur l’ensemble du territoire angolais ;

– de  libérer tous les détenus guinéens du fameux Camp de Trinita ;

– de veiller au respect des droits fondamentaux des ressortissants guinéens conformément à l’article 23 de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples qui affirme que : « Les peuples ont droit à la paix et à la sécurité tant sur le plan national que sur le plan international. Le principe de solidarité et de relations amicales affirmé implicitement par la Charte de l’Organisation des Nations Unies et réaffirmé par celle de l’Organisation de l’Unité Africaine est applicable aux rapports entre les Etats ».

Nous sommes à votre disposition pour toute initiative en Guinée et en Angola allant dans le sens d’assurer la sécurité de nos compatriotes et de leurs biens dans votre pays et faciliter une bonne cohabitation entre nos peuples.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de notre espoir quant à une suite favorable de notre démarche.

Conakry, le 9 Mars 2016

Pour le Bureau Exécutif National

Le Président

 

Ahmadou Bah pour Nostalgie Guinée