Vendredi 25 mars 2016 – Crise économique en Guinée : « ils veulent faire payer aux pauvres consommateurs, la facture de leur mauvaise gouvernance » affirme un leader politique.

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L’opposition guinéenne envisage d’organiser des villes mortes les 30 et 31 mars  pour réclamer à l’Etat, l’amélioration des conditions de vie des populations. C’est dans cette optique que les leaders politiques ont animé ce jeudi une conférence à la maison de la presse pour échanger d’avantage sur la démarche à suivre pour mener à bien cette initiative.  Le chef de file de l’opposition, Elhadj Cellou Dalein Diallo a profité de l’occasion pour expliquer les raisons qui poussent l’opposition à exiger la réduction du prix du carburant à la pompe.

Nous vous proposons un extrait de son intervention :

En 2014-2015, alors que notre attention était tournée vers la  lutte contre Ebola, le gouvernement était en train de s’organiser pour sortir de l’argent. Ils ont conclu des marchés de gré-à-gré avec des entreprises de manières informelles pour près d’1 milliard de dollars. Ils ont sorti beaucoup de devise et de franc guinéen. En ce qui concerne le franc guinéen, grâce à l’usage abusif de la planche à billet, ils ont sorti 1860 milliards de GNF et concernant les devises, les réserves de change du pays sont tombées de 4 mois d’importation au 31 décembre 2014 à moins d’un mois d’importation le 31 décembre 2015. 

Ces marchés de gré-à-gré dont les dépenses n’étaient pas inscrites dans la loi de finances ont été financés par des garanties bancaires mises en place par la Banque Centrale à la demande du ministère des finances en violation flagrante des engagements pris dans la facilité élargie de crédit et des statuts de la Banque Centrale. Dans la facilité élargie de crédit, il y a un critère qu’on appelle continu, qui engage le gouvernement à ne pas contracter des garanties des emprunts non concessionnaires. Mais 871 millions de dollars de garanties étaient émises alors que les dépenses ne sont pas inscrites dans le budget. Pour conséquences, les réserves de changes se sont effondrées et le franc guinéen est passé de 7000 à 9000 GNF pour un dollar US.

Lorsque le Fonds Monétaire est venu faire l’évaluation de février 2015, ils ont caché les garanties. Après, le FMI s’est rendu compte qu’il y a des garanties. La Direction du FMI a écrit au gouvernement en l’interpellant, pour communication de données erronées, qui ont permis le décaissement de près de 60 millions de dollars. La Ministre de l’économie qui venait d’être nommée a plaidé coupable. Le gouvernement a écrit pour présenter des excuses et dire également que les cadres du ministère des finances et la BCRG  étaient affolés par  Ebola c’est pourquoi, ils ont omis de communiquer les données relatives à ces garanties. Le gouvernement s’est donc engagé à résorber ces déficits en demandant la prolongation de la facilité élargie de crédits jusqu’en octobre. D’ici là, ils vont pomper sur le citoyen pour résorber ces crédits. Voilà l’origine de l’augmentation des impôts et taxes et c’est pourquoi notre groupe parlementaire a refusé de voter la loi de finances parce qu’on a voulu faire payer aux pauvres consommateurs, la facture de la mauvaise gouvernance. 

Ahmadou Bah