Lundi 13 juin 2016 – Burkina Faso : les boulangers poursuivent leur mot d’ordre de grève générale.

VUES: 4839 FOIS

Au Burkina Faso, les employés des boulangeries sont en grève depuis une semaine. Ils réclament la signature d'une convention collective et une augmentation des salaires. Le mouvement de protestation s'est étendu à pratiquement tout le pays.

Depuis donc le 09 juin dernier, la population du Burkina Faso est privée de pain en raison de cette grève.

Ce mouvement de protestation, très suivi, a été déclenché par le Syndicat National des Boulangers et Pâtissiers du Burkina (FNBPB). Ce syndicat unique dans le secteur réclame la signature d'une convention collective "négociée depuis un an mais, que les patrons refusent de signer".

« Cette convention prévoit une augmentation de 25 % des salaires des boulangers en sus d'autres primes qui pourraient donner une augmentation cumulée d'environ 50 % », affirme le président du FNBPB, Konomba Traoré.

Les employés des boulangeries touchent un salaire dérisoire, dont la moyenne est de 34 000 francs CFA (50 euros) par mois. « Le boulanger qui fabrique le pain ne gagne pas son pain », ironise Konomba Traoré avant d’ajouter que "depuis mars 2015, ils sont en négociations pour cette convention collective’’.

De leur côté, les patrons estiment faire preuve de bonne volonté. « Personnellement, je comprends les travailleurs. Mais nous n'y sommes pour rien. Notre syndicat est prêt à aller signer ce document », assure Augustin Bambara, Secrétaire général de l'Union des Fondateurs des Boulangeries du Faso (UFBF), qui regroupe plus de 60 % des employeurs. Mais selon lui, une signature éventuelle de cette convention engendrerait une augmentation du prix du pain.

Comme les deux parties ne se sont toujours pas mises d’accord, la grève s'est étendue à quasiment tout le pays.

À Ouagadougou, ainsi que dans les villes de Ouahigouya, Kaya, Tenkodogo, Koudougou, Banfora, la grève est suivie à 100 %. Tout de même à Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina, elle n'est que "partiellement" suivie, selon le président de la FNBPB.

A noter que cette grève intervient en pleine période du ramadan. Un fait qui pénalise les musulmans du Burkina, qui représentent environ 60 % de la population.

Ahmadou Bah.