Samedi 18 juin 2016 – Mine : une grève paralyse les activités de l'United Mining Supply (UMS) de Boké.

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La grève des travailleurs de la Société dénommée United Mining Supply (UMS), basée dans la mine de Bauxite de Katougouma, se poursuit. Cette Société qui est une sous-traitante de la Société Minière de Boké (SMB), assure le transport de la mine, de la carrière au Port.

Les manifestants réclament le départ sans condition de l’équipe de la Direction de l'UMS basée à Boké, l’amélioration de leurs conditions de vie et surtout la reprise de travail de deux de leurs collègues, qu’ils estiment avoir été licenciés de façon injuste.

Des forces de l’ordre sont sur place mais, les grévistes campent toujours sur leur position. Tout de même des négociations sont en cours.

« Nous voulons le départ du Directeur général, du Directeur des ressources humaines et de son équipe, du Directeur des projets Thierno Sadou Tall, des cadres comme Ahmadou Kaba et son équipe, Ibrahima Dieng Bah, El hadj Traoré et Ibrahima Diallo Alias Transport. Tous ceux-ci doivent libérer les bureaux. Nous exigeons aussi l’augmentation des salaires surtout pour la maintenance de la Société, qui est payée à 2.000.000 de GNF. C’est écœurant car, sur les ondes des médias de la place, nous avons entendu de la part du PDG, Monsieur FADY, que nous devons être payés à 7.500.000 FG », a expliqué Ahmadou Kourouma, porte-parole des grévistes.

Sur le terrain, la route minière barricadée empêche les autres travailleurs non-grévistes de vaquer à leurs préoccupations. Très en colère, les manifestants décrivent leurs conditions de vie.

« Aucun travailleur n’est logé, tout le monde est à l’abandon. Ils ont construit des poulaillers et les boites de sardines pour concentrer les gens à raison de quatre personnes par chambre. En outre, aucune loi guinéenne ne dit qu’un travailleur ne peut obtenir son CDI qu’après deux ans de travail. Alors, c’est dans cette Société que l’on constate cela », révèle ce gréviste.

Par ailleurs, Fréderic Bouzigues, Directeur général de la SMB, affirme que la Société respecte le code de travail guinéen et déclare n’avoir jamais été informé des courriers de revendication comme le prétend le porte-parole des grévistes. Selon ce dernier, le Chef de l’Etat est interpelé.

« Nous disons au Président de la République, au nom de toutes les autorités de Boké, de nous aider. Ce sont les guinéens même qui tuent les guinéens », lance-t-il comme appel.

Pourquoi les manifestations sporadiques perdurent dans la zone minière de Boké et qu’est ce qui se cache derrière ces mouvements parfois non réglementaires ? Tant de questions restent pour l’heure sans réponse.

Des pickups de sécurité sont sur les lieux pour protéger les installations de la Société.

Kadija Diallo.