Samedi 02 juillet 2016 - Euro 2016 : L’Allemagne élimine l’Italie après la série des tirs aux buts

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Allemagne-Italie, c’est la finale de cet Euro qu’avait pronostiqué nombre de spécialistes du cuir rond. Finalement elle s’est jouée en quart de finale entre le champion du monde en titre contre celui de 2006, deux équipes dont le parcours a été le plus impressionnant depuis le début du tournoi.

A ce stade de la compétition, la Mannschaft n’avait toujours pas encaissé le moindre but et l’équipe italienne, avec à la défense Leonardo Bonucci, Andrea Barzagli et Giorgio Chiellini, non plus. C’est uniquement lors du match Italie - l’Irlande, au cours duquel aucun de ces défenseurs n’a joué, qu’ils ont encaissé 1 but.

Après une minute de silence observé en mémoire des victimes de l’attentat de Dacca, les Italiens, qui ont perdu neuf compatriotes, portaient un brassard noir –, le match a commencé avec une domination allemande. Mais très vite, les Italiens sont les premiers à entrer dans la surface de réparation adverse. La Nazionale n’est pas la même que celle qui s’était inclinée 4-1 en mars en match amical à Munich.

Dès le premier quart d’heure, le demi défensif allemand Sami Khedira, touché lors d’un contact, doit céder sa place à Bastian Schweinsteiger. A ce moment, les défenses ont déjà pris le dessus sur l’animation offensive. Le jeu commence à se durcir. Pas grand-chose ne se passe si ce n’est les agitations du sélectionneur italien, Antonio Conte.

La première occasion allemande intervient à la 41e minute avec une tête au-dessus de la barre de Mario Gomez. Puis ce fut au tour de Thomas Müller suivi d’une action de Stefano Sturaro, proche d’ouvrir le score, mais son tir est contré. Pour la première fois depuis le début du tournoi, l’hypothèse d’une défaite allemande devient plausible.

La pression de Mario Gomez sur la défense italienne finit par porter ses fruits. L’attaquant de Besiktas peut enfin servir idéalement Thomas Müller. On croit Buffon battu, mais la frappe est acrobatiquement détournée par Alessandro Florenzi. C’est le signal d’un coup d’accélérateur de la Mannschaft avec, dans la foulée, un missile non cadré de Jérôme Boateng. Surpris par le changement de rythme, les Italiens réagissent par des fautes et écopent de trois cartons jaunes en trois minutes.

A la reprise, les Allemands ouvrent enfin le score après une perte italienne du ballon, suivie d’un beau travail de Mario Gomez, qui sert Jonas Hector côté gauche, dont le centre détourné est repris victorieusement par Mesut Özil (65e).

Les hommes de Löw peuvent enfin jouer libérés. Ils prennent l’ascendant, Gomez étant proche du break sur une talonnade désamorcée in extremis par Chiellini. Toute velléité de réaction italienne semble alors annihilée par des Allemands qui ont retrouvé la pleine possession du ballon. Une reprise de Graziano Pellè échoue. La mécanique se fait admirer à son tour, notamment la solidité de la charnière défensive Mats Hummels - Sami Khedira.

Seule une « surprise du chef » semble pouvoir changer le cours du destin. Et elle ne manque évidemment pas de se produire. Alors que l’attaque transalpine ne s’est pratiquement pas manifestée en deuxième mi-temps, Boateng commet une main dans sa surface. L’arbitre n’hésite pas. Bonucci (78e) trompe Neuer, pourtant parti du bon côté. Coup de théâtre, explosion bleue de joie, intrusion des remplaçants italiens sur la pelouse pour une bacchanale de coup de sifflet final. L’estocade est proche sur un contre consécutif à une glissade de Müller, mais la frappe de Pellè est contrée. Mattia De Sciglio fait frissonner les tifosi sur un tir lointain, puis l’inévitable se concrétise : les prolongations.

On compte alors davantage les cartons jaunes que les occasions de buts. Pellè suit Hummels en se privant de demi-finale potentielle, puis Emmanuele Giaccherini est averti pour simulation. A la 106e minute, un retourné de Julian Draxler, qui a remplacé Gomez, passe peu au-dessus de la barre de Buffon. La fatigue n’aide pas la volonté allemande d’éviter les tirs aux buts et les contres italiens sont moins vifs. Derrière ni Chiellini ni Boateng ne faillissent. Entré à la place d’Eder, Lorenzo Insigne se retrouve seul face à Neuer mais dans un angle difficile. Les Allemands tentent désespérément de contourner un bloc italien qui laisse Pellè seul en pointe. Un autre attaquant entre, Simone Zaza, à la place de l’admirable Chiellini. A la 120è minute le score reste le même (1 – 1)

Puis vient l’insoutenable et dramatique séance de tirs aux buts (la troisième de cet Euro et la plus passionnante) avec neuf tireurs de part et d’autre pour arriver à un résultat de 6 tab – 5 en faveur de l’Allemagne après l’échec de Matteo Darmian qui bute sur Manuel Neuer et le ballon de Jonas Hector qui rentre dans les buts bien que Gianlugi Buffon l’ait touché.

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