Mercredi 27 juillet 2016 – Violences à Mali Yimbèring : le maire de la commune urbaine s’adresse à Me Cheick Sako.

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Le Ministre guinéen de la justice était face ce mardi 26 juillet, aux victimes des douloureux évènements survenus en juin dernier dans la commune urbaine de Mali Yimbèring.

Présent à la rencontre, Abdoulaye Fily Diallo, maire de Mali Yimbèring, n’a pas manqué d’exprimer son désarroi et de dire la vérité à Me Cheick Sako, en visite dans la ville de Mali.   

« Nous cohabitons ensemble ici dans la paix mais nous n’avons pas les mêmes relations, les mêmes intelligences et les mêmes moyens. C’est parce que la loi est là. Sinon, ce serait la loi du plus fort. Monsieur le Ministre, on a tiré sur nous ici, on nous a volés et on nous a blessés. Nos notables ont difficilement observé la prière du vendredi. Au nom de tous, nous nous plaignons chez vous. S’il est vrai que nous sommes victimes de l’injustice et de l’arbitraire, nous voulons que nos bourreaux sachent qu’ils ont provoqués » prévient-il.

Très fier de son éducation et de ses coutumes, le maire de Mali Yimbèring poursuit en soutenant que le matériel n’égale guère la dignité.  

« Nous n’avons pas d’argent mais nous avons plus que l’argent, la dignité. Il faut que nous vous disions cela. Nous ne sommes pas contents de ce qui s’est passé ici. Ils ont pillé nos biens et nous ont humiliés. Après, ils sont allés à Conakry pour raconter des contre-vérités sur les radios. Nous n’avons pas aimé cela » déplore-t-il.

Abdoulaye Fily Diallo relie cette affaire au combat politique qui plane dans notre pays. Par conséquent, il a prévenu qu’ils n’abandonneront jamais leur bord politique, avant de demander à Me Cheick Sako que justice soit faite.

« Si vous voulez avoir un objet dans les mains de quelqu’un, vous avez deux choix, l’intelligence ou la douceur, mais pas la violence. Nous sommes dans l’opposition, nous restons dans l’opposition. Nous ne récusons aucun guinéen. Comme vous pilotez la justice aujourd’hui, nous demandons humblement que justice soit rendue en faveur des victimes » exhorte-t-il.

Pour rappel, ces violences sont survenues les 17 et 18 juin 2016 entre militaires du bataillon d’infanterie et citoyens de la commune urbaine de Mali Yimbering. Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, les évènements ont fait 17 blessés dont 3 par balles. Plusieurs boutiques, magasins et véhicules ont également été saccagés.

Ahmadou Bah.