Mercredi 03 août 2016 - Affaire Ousmane Gaoual : le député a passé la nuit à l'escadron de Matam.

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Convoqué mardi par le procureur de la République pour « offense au chef de l’Etat », le député uninominal de Gaoual a été auditionné pendant plusieurs heures avant d’être placé en garde à vue. Les observateurs dénoncent une violation des procédures en droit dans le cas de l’interpellation de l’Honorable Gaoual. 

Mohamed Camara, juriste et consultant, est intervenu dans l’émission « FACE A L’INFO » de la radio Nostalgie Guinée ce mercredi matin. Il affirme que « Si le bureau de l’Assemblée Nationale n’a pas été saisi pour que son immunité parlementaire soit levée, il y a violation de la procédure. Dans cet état de fait, c’est le cas parce que son immunité parlementaire n’est pas encore levée. »

Cette convocation fait suite à une plainte du RPG-Arc-en-ciel que le ministre conseiller, chargé de mission à la Présidence et membre du Bureau Politique National du RPG-Arc-en-ciel, Sanoussi Bantama Sow, a rendu publique.

Des sources concordantes ont confirmé que des cadres du RPG arc en ciel, notamment Sanoussi Bantama Sow, Hady Barry et Malik Sankhon ont également déposé plainte contre le député uninominal de Gaoual pour, dit-on, "incitation à la haine".

Interrogé à ce propos, Mohamed Camara déclara « C’est bien de faire une plainte conjointe pour convoquer une personne mais le procureur de la République doit comprendre que ces mêmes personnes ont aussi tenu des propos incitant à la haine. Donc il ne faut pas laisser le sentiment vous dominer jusqu’à ce que la loi soit violée. C’est vrai que les propos de Gaoual sont condamnables puisqu’il est député, mais cela ne veut pas dire que le procureur doit aussi violer la procédure à son tour. »

Le parti d’Ousmane Gaoual a réagi à travers une déclaration dans laquelle l’U.F.D.G. se dit choquée « sinon comment comprendre que les hauts cadres du RPG-arc-en-ciel se livrent en toute impunité à des discours antirépublicains, des menaces et des accusions graves contre le président de l’U.F.D.G., allant jusqu’à lui attribuer l’intention de préparer un coup d’Etat militaire. »  

Alimou Diallo