« Cellou Dalein Diallo devrait-il passer à son tour à la CRIEF ?»(Ali Camara)

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Il y a des choses qui n’étonnent personne en Guinée, à moins de faire semblant ou d’en avoir un esprit sectaire. Et cela n’a rien à voir avec quelques méthodes ou démarches du CNRD. Les poursuites contre les « supposés » fossoyeurs de notre économie nationale en font foi. Désormais, l’argument, c’est de poser la question sur les crimes de sang. Sérieusement ? Les crimes économiques ne sont-ils pas des priorités aussi ? Et qu’est-ce qui fait dire et croire que les crimes de sang ne sont pas pris en compte ? On comprend tout de suite la préoccupation de toutes ces personnes : c’est l’interpellation de Cellou Dalein Diallo à la CRIEF, Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières. Convoqué pour des questions de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite.
Le problème, c’est la malhonnêteté intellectuelle et l’esprit sectariste qui ne sont plus à démontrer dans cette affaire de convocation de Cellou Dalein Diallo. Les langues se délient. De tous les bords, il y a des revirements à 360 °. On ment. On divertit la galerie. Et on se refuse – à dessein bien sûr – de constater et de faire constater que Cellou Dalein Diallo n’appartient pas qu’à l’UFDG. C’est un personnage central sur les enjeux nationaux. Mais il a – lui – comme bien d’autres grandes personnalités de ce pays – eu une histoire avant de pouvoir revendiquer le poids politique ou électoral quelconque qu’il puisse avoir aujourd’hui. En l’occurrence, Cellou Dalein Diallo a été un administrateur public, haut fonctionnaire d’Etat, plusieurs fois ministre, Premier ministre. Ce n’est donc ni sa présidence à l’UFDG ni sa lutte dans l’opposition politique de cette dernière décennie qui effacera ce passé – que nul ne saurait par ailleurs occulter.
Crier à la chasse aux sorcières, aux règlements de comptes politiques ou encore à je ne sais quoi, ne participent – en vérité – qu’à une campagne de discrédit contre les nouvelles autorités et de désinformation des moins avertis. Toute mesure consistant à créer les conditions d’un bras de fer qui ne profiterait qu’à ceux qui voudraient – et chaque fois – se soustraire de la justice sur le fondement de leur position politique. Quand on veut un destin national, on doit savoir comment le provoquer dans un esprit républicain et la nécessité de transparence.
Si Cellou Dalein Diallo ne se reproche rien. S’il est aussi « propre » qu’il le soutient depuis toutes ces années, alors il me semble que c’est une occasion en or pour lui et tous ses partisans de sortir plus réconfortés. C’est aussi l’occasion ultime de rassurer ceux-là qui pour ce passé – justement – ne l’ont jamais porté politiquement. Cette dernière constatation reste strictement un avis personnel, quand on sait que les électeurs guinéens ne votent – pour la plupart – que par le sentiment d’appartenance ethnique, régionale ou religieuse. C’est parce que – depuis toujours – c’est ce discours qui est avivé par certains intellectuels et la quasi-totalité des formations politiques.

Ali CAMARA

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