L’islam de par son extrême humanisme, se révèle programmeur de l’ingénierie sociale. Etant une religion révélée, elle reprogramme les vertus sociales et les valeurs coutumières. Elle crée des relations multipartites entre l’individu et la société, la nature, Dieu et avec lui-même.
Dans les temps d’obscurantisme, où on a remarqué un absentéisme prophétique, y’avait toujours une déconnexion notoire entre l’être humain et Dieu, du fait qu’il n’avait ni révélation ni prophète à son époque, la communauté d’avant notre prophète en Arabie à titre d’exemple.
C’est pourquoi, nous constatons dans l’histoire de cette époque un délabrement comportemental du jamais vue. Une société où quelqu’un peut se marier avec sa marâtre, enterrer sa fille vivante, demeurer dans des guerres intestines pendant des décennies sans repos ni regret.
Cependant, le coran de par son caractère pratique et véridique, regorge une centaine de versets en son sein qui stipulent la réorganisation sociale, la bonne conduite, la tolérance et la constance dans la voie du juste milieu.
Il interpelle les Hommes (dirigeants et dirigés, parents et fils, riches et pauvres, puissants et faibles, noirs et blancs, jaunes, rouges ou brins, les hommes de toute nature, de toute catégorie et de toute conscience) vers l’adoration d’Allah le seul et unique créateur de l’existence. De croire à ses prophètes, ses anges, ses livres révélés, le destin et au jour de la résurrection finale. D’attester que Mohammad est son messager, de faire la prière, de s’acquitter de la zakat, de jeuner le ramadan, de faire le pèlerinage, et d’être joviale envers ses parents.
L’islam met un accent particulier sur la question de famille, il émet des promesses paradisiaques envers les bienveillants sur leurs engagements divins, envers leurs femmes, enfants, entourages sociales et parents. Tout de même comme il annonce aux malveillants un châtiment amèrement délabré.
Pour mieux organiser la société, l’islam invente des liens légaux, puisés de la foi sincère en Allah et de la fraternité sociale. Il donne aux relations humaines un caractère d’adoration saine, de piété et de sagesse.
Il promet aux donateurs, promoteurs d’actes d’humanisme, de philanthropie, de visite de courtoisie, de rencontre pour l’amour d’Allah une élection divine et une récompense incommensurable. Le musulman de ce fait, a deux récompenses, car non seulement il aura le bonheur et la paix du cœur ici-bas, en sachant qu’il a rendu service à ses frères de religion ou d’humanisme, mais aussi parce qu’il a obéit à sa religion qui l’interpelle de façon multipliée à ces valeurs.
Mais comment l’islam crée son système social ? sur quelle mesure et modalité ? quelles sont les étapes de ce système ? y’a-t-il une différence entre ce système et le système social sociologique dont nous apprend Durkheim par exemple ? on vera ces thématiques-là après cette introduction de base.
Néanmoins, dans l’enjeu de créer un système social très participatif, l’islam ordonne aux fidèles, de s’acquitter de la zakat, de soutenir l’orphelin, d’aider le voisin, de travailler acharnement dans le but de rendre l’être humain heureux.
Il crée son propre système du commerce (économie), de la famille (vie matrimoniale), du métier(artisanat), de la coexistence (vivre ensemble), de la chefferie(Etat), de l’adoration(culte) et de la justice(Droit).
La mosquée dans la philosophie islamique, représente le point d’intersection qui incarne la vraie notion d’égalité, de liberté et d’humilité, où tu peux trouver un riche et un pauvre, un dirigeant et un subalterne, un savant et un illettré côte à côte dans la prière sans différence ni VIP.
Au temps du prophète PSSL, la mosquée était un centre cultuel, culturel, scientifique, une auberge pour les convives, les démunis et les passeurs. Elle représentait l’arbre à palabre dans l’Afrique ancienne et l’assemblée générale dans la société contemporaine.
De la mosquée à la famille, de l’école au travail, de l’administration aux activités de divertissement licites, l’islam génère une éthique révélatrice de rassemblement, d’assistance, de bravoure, de compétition positive, de respect, d’égalité de chance et de sens de l’égalité.
Du fait que le vivre ensemble ne s’opère guère sans l’harmonisation de la société, l’islam impose l’honnêteté, de véracité, le respect de rendez-vous, la stricte gestion du temps, de l’argent et inculque le sens de responsabilité divine à chaque croyant, pour qu’il ne s’hasarde jamais à accuser de tort à qui que ce soit.
L’islam condamne fermement les exactions sociales, il puni sévèrement le mensonge, l’infidélité, la tromperie, et exige de se déférer définitivement des tares et des mauvaises besognes. Le prophète PSSL nous rappelle à travers ses Hadiths, que le musulman en question est un être civilisé, aimable, amiable, loyale, sociale et amoureux. Quelqu’un qui aime sa famille, ses amis, ses voisins, ses frères de religion ou de l’humanité.
Cette religion nous appelle à soigner nos dires, choisir nos actions, illuminer nos cœurs, avoir l’objectif de changer notre propre quotidien et le quotidien de l’ensemble des gens qui sont au tour de nous. C’est juste une manière d’interconnecter les Hommes entre eux et créer des relations de convivialités entre eux et leur environnement.
L’adoration complète d’un musulman se caractérise par sa capacité de remplir son devoir cultuel et culturel à la fois. Car adorer Allah ne suffit nullement à rien si on n’est pas juste envers sa créature. D’ailleurs le perdant au jour de la rétribution est, celui qui vient avec une grosse quantité de récompense divine et perd tout par remboursement à ceux qu’il avait causé du tort, et, qu’il soit jeté finalement en enfer par ses propre péchés et les péchés de certains de ses accusés non récompensés.
La dynamique sociale dans la pensée islamique, est une dynamique de rétribution. Sur ce, on n’agit pas obstinément selon notre gré, mais on se démarque en toute connaissance de cause, averti et prévenu.
L’avertissement d’avant actions nous permet d’agir avec choix et liberté, pour en déduire nous-même les conséquences sociales et religieuses d’après. C’est une façon de rendre le musulman responsable, leader, analytique et super organisé. Dieu n’a rien créé inutilement, et, lorsqu’il a créé l’être humain, il a prévu de le couronné sur terre, de le surgir remplaçant des anciennes créatures et de le rendre responsable de ses actes.
Entre responsabilité et bonne volonté, le musulman peut devenir saint et dépourvu de toute impureté naturelle et surnaturelle. Par conséquent, cela dépend de son attitude à raisonner et à accepter la recommandation divine.
Enfin bref, le système social islamique nous interpelle à user de toute notre force pour ne faire que du bien, rien que du bien. Il nous rappelle de notre responsabilité en tant qu’être humain sur terre, des êtres naturellement sociaux, doués de raison, d’organisation et originairement pures.
Il nous incite non seulement à la bravoure et la capacité d’autosuffisance mais aussi à venir en aide aux démunis et aux sans-abris. C’est un système de fusion d’éthique et de perfusion d’amour. C’est un système d’entraide, de collaboration, d’endurance et de vaillance.
Le système islamique social nous adhère dans son projet de culture managériale, de l’ingénierie sociale, de bâtir d’enjeux urbains, de développement durable et de l’indépendance socio-économique.
Ce système est basé sur l’éducation du citoyen musulman dans le sens de cultiver la prospérité, de préserver le tissu social, d’assurer l’ordre public et de crée la souveraineté de chaque être humain ou Etat là il existe.
Dans ce système les choix sont respectés, mais les exactions sont condamnées. C’est pourquoi d’ailleurs, le dialogue social, a toujours été un moyen islamique pour bâtir l’opinion publique et envisager l’intérêt général.
Du sommet à la base, l’art islamique du système social vise à rependre la justice, l’équité, la prospérité, l’égalité, le partage, l’amour, la coexistence saine, la liberté. Il appelle au travail, à la science, et interdit fermement la procrastination en invitant tout justement à l’ordre islamique.
Mais quelles les thématiques de ce système ? et comment les appliquer soigneusement dans le quotidien ?

A suivre……..

Par Sow Mamadou Bhoye doctorant à Rabat.
Spécialiste en dogme et Sources de la jurisprudence islamique.
Passionné des questions sociales et du vivre ensemble.

 

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