Tribune : « Lettre ouverte au Premier Ministre, Chef du gouvernement »

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Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement

 

Un dicton de chez nous stipule « Karan bali yé dibi lé roh », autrement dit « l’analphabète vit dans l’obscurantisme».

 

Depuis l’aube des temps, les peuples qui ont toujours cherché à maitriser les lettres, la technologie et la science, ont enregistré et enregistrent encore de très grandes avancées dans les domaines économique, culturel, social et politique.

Ceci, à tel enseigne qu’ils sont, de nos jours : les maîtres du monde.

 

Raison de plus qui poussa, certainement, l’emblématique, feu Nelson Mandela, à affirmer que : « l’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. »

Parlant justement de l’éducation ou, plutôt, d’investissement dans l’éducation, il faut avouer, sans risque de se tromper, que la Guinée traine encore les pas, loin derrière la plus part des pays en voie de développement y compris ceux qui nous entourent.

 

Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement

 

Le nerf de la guerre, nous ne le dirons jamais assez, reste et demeure : l’argent.

Malheureusement, sur ce plan, en tout cas dans le domaine de l’éducation, la Guinée peine toujours à s’y investir notablement.

Environ deux décennies, après le grand forum de Dakar sur l’éducation (l’an 2000), la Guinée, notre cher pays, est l’un des rares pays de l’Afrique subsaharienne à consacrer un budget inférieur à 15% de son  budget national de développement (BND) à l’éducation.

 

Pourtant, les défis à relever dans ce secteur prioritaire sont encore énormes, très énormes :

 

  • Accès universel à l’éducation de tous les enfants qui en ont l’âge

 

  • La réduction du taux d’analphabétisme

 

  • La promotion de l’enseignement préscolaire

 

  • La réduction des disparités filles/garçons et ruraux/urbains

 

  • La formation continue des formateurs et des encadreurs

 

  • La construction de nouvelles infrastructures scolaires et universitaires et la rénovation de celles existantes

 

  • La promotion de l’enseignement technique et de la formation professionnelle

 

  • La révision et l’adaptation des programmes d’enseignement

 

  • L’implication de la société civile à travers la création d’un ‘’fonds de la société pour l’éducation’’, etc.

 

Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement

 

Face à ces multiples et pressants défis ainsi que tant d’autres, je vous suggère, humblement, de revoir à la hausse la part du BND à allouer au secteur de l’éducation à hauteur de 20% pour l’année 2020.

Nous devons nous débarrasse de cette idée reçue qui stipule que « tout est prioritaire » dans notre pays.

 

On ne peut construire un bâtiment solide en donnant à tous les piliers la même hauteur. Il y a toujours un pilier principal, le pilier des piliers.

Cette réalité s’applique également en matière de développement, même si je n’en suis pas un spécialiste. Néanmoins, les économistes nous apprennent que « l’homme est au début, au centre et à la fin de tout développement. »

L’instruction nous permet de transformer « le cuivre en or » et l’ignorance « l’or en cuivre ».

 

Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement

 

Espérant donc que votre gouvernement ferait de la qualification de l’éducation sa stratégie primordiale pour l’émergence d’une Guinée prospère, je vous prie d’agréer l’expression de mes sincères salutations.

 

Aboubacar Mandela CAMARA

Citoyen Guinéen, Promoteur et Défenseur du droit à l’éducation

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