Tribune : « Ne vous trompez pas combat »

0
110

Servir la bonne cause, se battre pour la bonne cause, mourir pour la bonne cause, voilà ce qu’aspire tout homme doté d’un esprit de progrès et d’humanisme. Cependant, il y a une question que tout homme doté d’une faculté d’analyse doit se poser : s’il faut mourir pour la bonne cause, auprès de qui faut-il se battre ? Parce qu’on peut mourir de sa propre ignorance tout en pensant mourir pour une cause noble.

 

La jeunesse guinéenne est prise en otage. Au-delà de son incivisme criard, elle est devenue un boulevard par lequel passent les politiques pour étancher leur soif de pouvoir. Avant on disait que son avenir était en danger, mais aujourd’hui c’est elle qui, par sa façon de se comporter, constitue un danger pour l’avenir de ce pays. Ce qui me pousse à dire que cette jeunesse a oublié les conditions de sa propre existence et les réalités dans lesquelles nous vivons aujourd’hui, car pour aller au combat il serait impératif de savoir avec qui et contre qui on doit se battre, au risque de faire le jeu de l’ennemi.

 

Ainsi, nous devons savoir que nous sommes avec des gens qui ne voient pas les choses sous les angles que nous. Ils se battent contre le régime, tandis que nous nous devons nous battre contre un système qui existe depuis plus 3 décennies.

Notre véritable combat quant à nous jeunes, est celui de l’alternance générationnelle et non un simple changement de poste, car ceux qui se battent contre le régime cherchent seulement à revenir à leur place d’antan. Quand les fossoyeurs d’hier deviennent des donneurs de leçons aujourd’hui. Ce sont eux qui ont fabriqué ce système, ils connaissent tout son rouage et, ce régime en place n’est qu’une partie émergée de l’iceberg. Donc s’il faut se battre pour l’alternance dans ce pays, il faut le faire contre toute cette classe politique actuelle sans exception.

Ces leaders ne méritent aucun sacrifice de notre part. Ce peuple a la mémoire courte, sinon on le sait tous pour qu’il y ait les élections législatives de 2013, il a fallu d’énormes sacrifices surtout en vies humaines. Ainsi, après ces élections, la mémoire des jeunes tombés sous la violence policière a-t-il été honoré ? les députés élus à l’issu de ces élections ont-ils pensé aux sacrifices consentis par le bas peuple pour qu’ils se retrouvent à l’Assemblée Nationale ? Continuent-ils à agir dans l’intérêt supérieur de la nation ? Voilà tant de questions qui mériteraient d’être répondues sans ambiguïté afin de savoir réellement.

 

Mohamed Condé, juriste publiciste

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*